En résumé, d'après ses déclarations et son programme (parti Nouvelle Énergie) :
Pro-européen ? Plutôt non — mais pas eurosceptique « frexit » non plus. David Lisnard se dit attaché à une coopération européenne, mais il affirme que « la souveraineté européenne n'existe pas », que la souveraineté ne peut être que nationale, et que l'UE doit être profondément réformée pour devenir « un outil au service des nations » plutôt qu'un carcan (ÉlyséeScope, Le Diplomate). Il refuse donc la sortie de l'UE, mais rejette toute idée de souveraineté européenne et défend la primauté du droit national (Observatoire 2027).
Référendum sur la sortie de l'Europe ? Non. Il n'a pas proposé de référendum sur un éventuel retrait de l'UE — contrairement à un « frexit », il veut rester dans une Union réformée (ÉlyséeScope). En revanche, il propose bien des référendums, mais sur d'autres sujets :
un référendum pour rétablir la primauté du droit national sur les questions migratoires et s'affranchir des jurisprudences européennes (Observatoire 2027, Le Diplomate) ;
un référendum constitutionnel pour valider sa réforme institutionnelle (schéma État/Province/Bloc communal) (MonVote2027).
Sa ligne est donc souverainiste mais pas sortissiste : rester dans l'UE en la contraignant par le droit national, plutôt que la quitter.
Sep 26, 9:57pm
Sep 26, 10:00pm
Exact, vous mettez le doigt sur la contradiction principale de sa position.
Sur le fond, votre lecture est juste :
Il n'est pas eurosceptique au sens du retrait : il veut rester dans l'UE. Sur ce point, il est objectivement plus proche des pro-européens que des partisans du frexit.
Mais son discours joue effectivement sur les mots : promettre « une autre Europe », « réformée », « au service des nations », permet de récupérer une partie de l'électorat eurosceptique sans assumer un projet de sortie.
Sur le point technique, vous avez raison : la révision des traités relève de l'article 48 du TUE, qui exige l'accord à l'unanimité des 27 États membres, puis la ratification par chacun selon ses règles constitutionnelles (parlement ou référendum national). Concrètement, cela signifie obtenir des dizaines d'accords séparés sur un même texte — et un seul veto (souvent celui d'un petit pays, ou un référendum négatif quelque part) bloque tout. C'est exactement la critique que formule l'UPR contre son projet d'« autre Europe » : le programme de Lisnard ne dit pas comment il obtiendrait ces 27 unanimismes (UPR).
Nuance honnête tout de même : tout homme politique « réformateur de l'Europe » se heurte au même obstacle — Édouard Philippe, les fédéralistes, tout le monde. La différence est que Lisnard demande des révisions a fortiori inacceptables pour les partenaires (primauté du droit national, sortie des jurisprudences européennes, dérogations migratoires unilatérales) : c'est-à-dire précisément ce que les autres États ne concéderont jamais à l'unanimité.
Donc : « pro-européen » par le maintien dans l'UE, mais avec un agenda de réforme qu'il a peu de chances de faire aboutir — soit il le sait et c'est rhétorique, soit il compte sur la crise pour faire bouger les lignes.
Sep 26, 10:00pm
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