Sep 26, 9:57pm

En résumé, d'après ses déclarations et son programme (parti Nouvelle Énergie) :

Pro-européen ? Plutôt non — mais pas eurosceptique « frexit » non plus. David Lisnard se dit attaché à une coopération européenne, mais il affirme que « la souveraineté européenne n'existe pas », que la souveraineté ne peut être que nationale, et que l'UE doit être profondément réformée pour devenir « un outil au service des nations » plutôt qu'un carcan ( ÉlyséeScope,  Le Diplomate). Il refuse donc la sortie de l'UE, mais rejette toute idée de souveraineté européenne et défend la primauté du droit national ( Observatoire 2027).

Référendum sur la sortie de l'Europe ? Non. Il n'a pas proposé de référendum sur un éventuel retrait de l'UE — contrairement à un « frexit », il veut rester dans une Union réformée ( ÉlyséeScope). En revanche, il propose bien des référendums, mais sur d'autres sujets :

  • un référendum pour rétablir la primauté du droit national sur les questions migratoires et s'affranchir des jurisprudences européennes ( Observatoire 2027,  Le Diplomate) ;
  • un référendum constitutionnel pour valider sa réforme institutionnelle (schéma État/Province/Bloc communal) ( MonVote2027).

Sa ligne est donc souverainiste mais pas sortissiste : rester dans l'UE en la contraignant par le droit national, plutôt que la quitter.

Sep 26, 9:57pm
Sep 26, 10:00pm

Exact, vous mettez le doigt sur la contradiction principale de sa position.

Sur le fond, votre lecture est juste :

  • Il n'est pas eurosceptique au sens du retrait : il veut rester dans l'UE. Sur ce point, il est objectivement plus proche des pro-européens que des partisans du frexit.
  • Mais son discours joue effectivement sur les mots : promettre « une autre Europe », « réformée », « au service des nations », permet de récupérer une partie de l'électorat eurosceptique sans assumer un projet de sortie.

Sur le point technique, vous avez raison : la révision des traités relève de l'article 48 du TUE, qui exige l'accord à l'unanimité des 27 États membres, puis la ratification par chacun selon ses règles constitutionnelles (parlement ou référendum national). Concrètement, cela signifie obtenir des dizaines d'accords séparés sur un même texte — et un seul veto (souvent celui d'un petit pays, ou un référendum négatif quelque part) bloque tout. C'est exactement la critique que formule l'UPR contre son projet d'« autre Europe » : le programme de Lisnard ne dit pas comment il obtiendrait ces 27 unanimismes ( UPR).

Nuance honnête tout de même : tout homme politique « réformateur de l'Europe » se heurte au même obstacle — Édouard Philippe, les fédéralistes, tout le monde. La différence est que Lisnard demande des révisions a fortiori inacceptables pour les partenaires (primauté du droit national, sortie des jurisprudences européennes, dérogations migratoires unilatérales) : c'est-à-dire précisément ce que les autres États ne concéderont jamais à l'unanimité.

Donc : « pro-européen » par le maintien dans l'UE, mais avec un agenda de réforme qu'il a peu de chances de faire aboutir — soit il le sait et c'est rhétorique, soit il compte sur la crise pour faire bouger les lignes.

Sep 26, 10:00pm

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